Béatrice Striolo

Artiste française d’origine italienne, née en 1976, Béatrice Striolo se consacre tout d’abord au concours de restaurateur d’œuvre d’art, puis ses études supérieures notamment en histoire de l’art, théâtre, cinéma et arts plastiques l’ouvriront à l’esprit de recherche ainsi qu’à sa médiation artistique.

C’est tout naturellement à partir de son mémoire mixte universitaire sur le thème du Montage et Démontage comme processus créatif, à l’université de Paris VIII, qu’elle décide d’en fouiller le thème bien des années encore, par une recherche artistique protéiforme à travers : peinture, installation, photographie plasticienne et dessin digital hybride.

A présent, elle s’adonne exclusivement à son art. Elle aime œuvrer en solo et parfois au milieu d’autres artistes, cheminant entre son atelier personnel en région parisienne et « au 100 », centre d’art d’ateliers partagés réunissant des artistes de théâtre, plasticiens, et photographes.

La collection d’une multitude d’esquisses personnelles détachées et découpées sans ménagement dans ses carnets à dessin n’ont pas de limitation stylistique ou technique. Elles sont souvent réalisées in situ, au gré du jour, dans les cafés, jardins et musées parisiens. C’est le recoupement et la confrontation récurrente de toutes ses expériences plastiques picturales et graphiques qui l’ont conduit à imaginer un espace en deux dimen-sions comme un « millefeuille ».

Il se constitue de multiples couches et d’assemblages de fragments picturaux et graphiques de toutes sortes, par superpositions et chevauchements spontanés dans un premier temps, fait main, puis par une temporalité beaucoup plus longue, fait de nombreux calques digitaux. Cet espace « d’antre » amène son sujet à questionner les rapports entre « l’être et la chair » , «…. Creuse notre désir d’entrer en relation et d’explorer cette « chair du monde » qu’est l’être » (Etre et chair, du corps au désir, l’habilitation ontologique de la chair, Emmanuel de saint Aubert).

L’aboutissement du « dessein » a lieu tout d’abord par une résilience et non un détail formel de l’image. Cet aboutissement est incarné par son tirage lithographique fine art, subissant une ultime phase de retravaille. En effet, cette 1ère lithographie Test sera ensuite scannée et tirée à nouveau pour matérialiser certaines parties de l’image afin de glisser de cet espace mental digital à l’espace matériel du papier.

Un processus à la fois inconscient et distancé, vécu comme une véritable catharsis, née de désirs, de frustrations et parfois même de souffrances. Béatrice Striolo met en scène des êtres d’une étrange éloquence « d’être et de chair », des êtres teintés d’une douce mélancolie parfois doués d’une certaine fureur de vivre. On y retrouve en autre, une puissante étreinte des êtres chers, œuvre créée pendant l’implacable mesure sanitaire de distanciation. Les artistes du spectacle vivant qui n’ont pu jouer « in live » mais qui sont restés « alive » dans nos mémoires perceptives.

Mlle Léa Rime, Directrice de la Galerie Libre Est L’Art

 

 

 

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